Construire en public
Il y a toujours un petit malaise à montrer un travail avant qu’il soit fini.
L’instinct, c’est d’attendre - que l’idée soit aboutie, le code propre, le design parfait au pixel près. Mais attendre, c’est garder les choses cachées trop longtemps, et un travail caché ne reçoit jamais le retour qui le rendrait meilleur.
Alors j’essaie de faire l’inverse : montrer tôt, montrer souvent, et laisser les gens voir le milieu, même quand c’est le bazar.
Pourquoi s’embêter ?
Quelques raisons, à peu près dans l’ordre où elles comptent pour moi :
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Ça force la clarté. On ne peut pas écrire sur quelque chose qu’on ne comprend qu’à moitié. Expliquer ce que je fais - même maladroitement - aiguise la pensée qui se cache derrière.
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Ça crée une responsabilité. Dire à voix haute « je construis ça » le rend réel. Les projets qui ont un public, même tout petit, finissent par aboutir.
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Ça s’accumule. Chaque article est un petit dépôt. Avec le temps, un tas de travail honnête et en cours vaut plus qu’une seule pièce bien lustrée.
Le malaise, c’est le signal
Ce petit recul juste avant de cliquer sur « publier » - est-ce assez bon ? est-ce trop évident ? et si je me trompe ? - se révèle être un signe plutôt fiable qu’il faut publier quand même.
Ce qui semble trop simple pour en parler est souvent ce sur quoi quelqu’un d’autre bloque en silence. Et ce qui paraît le plus inachevé est justement ce qui profite le plus d’un deuxième regard.
Ce qui a changé
Avant, j’attendais. Maintenant, je livre tôt et je révise au grand jour. Le travail s’est amélioré - et, à ma grande surprise, ma confiance en lui aussi.
La suite viendra à mesure que ce site grandit.